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MGR MONTENEGRO : CULTIVER LA "CULTURE DE LA RENCONTRE"

13 novembre 2015

Lors de son intervention à l’Assemblée plénière des évêques de France, à Lourdes, le 5 novembre 2015, le Cardinal Francesco Montenegro, archevêque d’Agrigente (Italie), a partagé sa réflexion sur les migrants, à partir de son expérience à Lampedusa. Un texte que Mgr Percerou a souhaité porter à la connaissance de tous.

Pour donner un cadre, une clé de lecture à mon intervention, je souhaiterais commencer par vous raconter deux histoires et par vous communiquer les résultats d’une enquête menée auprès d’enfants en primaire (l’âge du catéchisme), en Italie.

Dès son enfance, Omar (musulman) a entendu sa deuxième mère lui dire : « Quand tu seras dans une situation de besoin, partout où tu seras, si tu vois une église, entre, et là, tu trouveras sûrement de l’aide ». C’est bien ce qu’Omar a fait dès son arrivée à Lampedusa, trouvant ainsi des personnes qui lui ont offert aide et amitié.

Un Nigérian a dit : “J’ai quitté ma patrie, là où, en tant que chrétien, je vivais avec beaucoup de difficultés parmi les musulmans. En arrivant sur une terre chrétienne, j’espérais trouver une grande famille d’accueil. Au contraire, ici aussi je continue à être et à me sentir seul ».

Ensuite, voici quelques réponses recueillis par l’anthropologue Paola Tabet :

A la question « si tes parents avaient la peau noire », voici ce qu’on a répondu : « Je les trouverais dégoûtants » ; « J’en aurais toujours peur » ; « J’essaierais de les colorer avec une couleur claire comme le rose, de manière à ce qu’ils puissent redevenir Italiens » ; « Ils seraient probablement très pauvres, assassins, délinquants, malfaiteurs, et je les haïrais » ; « Je les garderais comme esclaves » ; « Je ne garderais plus des choses de valeur sur moi, ni stylos, ni crayons, ni mon beau portable de marque»; « Si j’étais noir, je me tuerais» ; « Je me jetterais du troisième étage parce qu’il est préférable de mourir que d’avoir mauvaise réputation » ; « Je veux des parents blancs. Mon papa me dit toujours que les personnes sont toutes égaux, mais la télé me fait toujours comprendre que les Noirs sont dangereux, qu’ils tuent, et ainsi j’en ai de plus en plus peur ».

Venons-en à notre sujet :

Parler de migration n’est pas facile, même s’il s’agit d’une réalité qui fait partie de l’histoire de l’humanité. Beaucoup de questions et de problèmes se mélangent autour des phénomènes migratoires : le droit d’émigrer, la manière de traiter les migrants, le vivre ensemble dans une société pluraliste, la traite des immigrés, le trafic des mineurs, la condition de la femme, le dialogue interculturel, la reconnaissance et la participation à la vie démocratique, la sécurité.

Il y a ceux qui considèrent la migration comme un facteur d’injustice et ceux qui, au contraire, la voient comme un déclencheur d’une nouvelle justice.

Il y a ceux qui défendent la possibilité pour les immigrés de participer à la vie civile et sociale du pays qui les accueille, et d’autres qui ne l’envisagent pas, ou qui le concéderaient seulement comme une faveur, et non comme un droit.

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